Acheter ou louer ?

 

Difficile, lorsqu'on conteste la spéculation immobilière (en tant qu'entrave majeure au droit au logement, en tant que barrière à l'entrée pour les jeunes, en tant que facteur d'inégalités économiques, sociales et intergénérationnelles), de choisir le status d'occupation de son logement.

Acheter, c'est choisir de ne plus enrichir un propriétaire, de disposer pleinement de son bien et de ne plus rien devoir à personne. Une fois son emprunt remboursé en tout cas... Mais en attendant, c'est aussi enrichir une banque. Et quoi qu'il en soit, c'est souvent participer, à chaque déménagement, qu'on le veuille ou non, à la dynamique spéculative qui touche le marché immobilier.

Louer, à l'inverse, c'est refuser d'enrichir une banque, mais c'est aussi enrichir un propriétaire et participer ainsi à la dynamique de concentration du patrimoine. Louer, c'est refuser de contribuer à la spéculation immobilière, mais c'est aussi l'assurance de subir cette spéculation, impuissant, chaque année, et plus encore, à chaque déménagement.

Acheter ou louer, le choix est donc difficile. D'ailleurs il s'agit rarement d'un choix. Choisir de rester locataire, c'est souvent ne pas avoir accès au crédit. Choisir de devenir propriétaire, c'est souvent constater qu'il est plus économique d'acheter que de louer, au risque de spéculer... Des choix par défaut donc, et certainement pas satisfaisants : participer à la spéculation ou la subir, l'alternative n'est guère enthousiasmante...

L'ambition est bien de constituer un pot commun de logements, sortis du marché (tout logement acquis ne sera jamais revendu) dans le cadre d'une coopérative immobilière.
Il s'agit ainsi :
  1. De mener l'offensive des communs,
    de faire reculer la propriété lucrative en élargissant le champ d'une propriété individuelle limitée à l'usage et d'une propriété commune impliquant une gestion démocratique.
  2. D'entamer la « coopérativisation » de la société
    en généralisant la logique coopérative et les principes du mouvement coopératif dans les éléments majeurs de la vie quotidienne.

Un nouveau postulat :

Si nous voulons généraliser l'habitat coopératif, nous ne pouvons pas nous contenter de construire des nouveaux logements, il faut investir le parc immobilier actuel. Ce sont toutes les copropriétés actuelles que nous devons intégrer à l'habitat coopératif.

Deux nouvelles logiques d'action :

  • Développer un habitat coopératif diffus, et non plus concentré (une coopérative pour un immeuble, comme c'est le cas aujourd'hui) en achetant des logements épars. On lève ainsi le frein social de l'habitat partagé.
  • Suivre les coopérateurs habitants, pour qu'ils ne soient plus contraints de retourner dans le marché en cas de déménagement. On lève ainsi les réticences des pionniers en faisant en plus grossir le pot commun chaque fois qu'un coopérateur déménage.

Trois exigences :

  • Améliorer sans cesse l'habitat, c'est à dire non seulement le logement mais aussi le cadre de vie.
  • Être ouvert à tous, dans une logique de mixité.
  • Faciliter l'accès de tous à un logement décent et un cadre de vie plaisant.

Quatre principes :

  • La non-spéculation : Ni rente (dividendes, locations), ni plus-value.
  • La solidarité : Mutualisation de l'effort de constitution, de gestion, de protection et d'amélioration du pot commun, en tenant compte du revenu de chacun.
  • La gratuité : L'ambition à terme est bien d'obtenir une quasi-gratuité du logement (gratuité du bien, mutualisation des frais d'entretien).
  • La gestion démocratique : La gestion du pot commun de logement doit impliquer tous les habitants, coopérateurs, suivant un principe démocratique (une personne, une voix).

  1. Entrer dans la coopérative

    Tu es propriétaire ?
    Apporte ton logement au capital de la coopérative. Une partie de la valeur du logement est convertie en parts sociales à ton nom. Tu continue à habiter ton logement.

    Tu accèdes à la propriété et ton emprunt n'est pas encore remboursé ?
    Même principe, mais la coopérative rachète ton emprunt restant en rééchelonnant le prêt afin de réduire les mensualités. Tu continues à habiter ton logement, en t'acquittant d'un loyer égal aux mensualités de l'emprunt de la coopérative. Une partie de ce que tu payes chaque mois est convertie en parts sociales à ton nom.

    Tu es locataire ?
    Propose à la coopérative l'achat d'un logement que tu souhaites habiter. La coopérative l'achète en contractant un emprunt long afin de minimiser les mensualités. Tu emménages en t'acquittant d'un loyer égal aux mensualités de l'emprunt de la coopérative. Une part de ce que tu payes est convertie en parts sociales à ton nom.

    Devenu coopérateur, tu payes une cotisation couvrant l'entretien du pot commun.

  2. Vivre dans la coopérative

    En tant que coopérateur, tu n'es pas pleinement propriétaire (tu ne peux pas revendre le logement que tu occupes, ni le mettre en location), mais tu es bien plus qu'un locataire. Tu peux réaliser les travaux d'aménagement ou de rénovation de ton choix (la coopérative peut t'y aider), tu acquiers progressivement des parts sociales, tu participes à la vie coopérative, c'est à dire la gestion du pot commun et à toutes les décisions le concernant. Par exemple, toutes les questions que tu t'es posées en lisant ce texte (une partie du loyer que tu payes est convertie en parts sociales, « oui mais combien ? » ; tu payes une cotisation suivant ton revenu « oui mais combien ? »), tu peux y répondre avec tous les autres coopérateurs !

  3. Changer de logement

    Circuler dans le pot commun : Indique le logement libre, au sein de la coopérative, dans lequel tu souhaites habiter. Si la somme de ton apport en capital et/ou des loyers que tu as versés est supérieure à la valeur du logement visé, tu peux l'occuper gratuitement. Dans le cas contraire, tu payes la différence en t'acquittant d'un loyer.
    Agrandir le pot commun : Même principe, en proposant à la coopérative l'achat d'un nouveau logement.

  4. Sortir du pot commun

    Tu quittes la coopérative en quittant ton logement : La coopérative te rembourse tes parts sociales à la valeur nominale (sans plus-value).

    Mais pourquoi vouloir quitter la coopérative ?
    • Tu souhaites faire fructifier un patrimoine individuel, ce que la coopérative immobilière t'interdit ? Relis le début de cette page.
    • Tu veux faire le tour du monde ? Inutile de quitter la coopérative, elle t'attendra à ton retour.
    • On ne choisit pas toujours, et tu as simplement quitté ce monde... Deux possibilités s'offrent à tes héritiers. Soit ils décident de jouir, en tant que coopérateurs habitants, des apports et loyers que tu as versés de ton vivant (tu leur a ainsi légué un confortable droit d'entrée dans le port commun) ; soit ils renoncent à ce droit d'entrée et demandent le remboursement de tes parts sociales.

Être informé

Entre ton nom et ton adresse e-mail pour t'inscrire à notre liste de contacts et recevoir des informations sur les prochaines réunions et sur l'avancement du projet. Tu peux aussi nous laisser un message si tu as des questions, remarques ou suggestions.